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Francisco Rivera arrive, Séville dérive. Le fils de Paquirri est le seul triomphateur d'une féria inféodée au clan Domecq.

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Publié le 06/05/1995 à 5h14

Séville, envoyé spécial

Mercredi 26 avril, Antonio Ordoñez a fui sa grande maison ocre collée aux arènes de Séville. Il aurait pu y entendre les ressacs de la deuxième corrida sévillane de son petit-fils, Francisco Rivera Ordoñez. Il est allé enfermer son stress à 40 kilomètres de là, entre les chênes et les oliviers de sa propriété de Los Tinajones, à Constantina. Il s'est barricadé dans sa chambre. Il en est sorti lorsque son épouse Pilar est venue lui dire que Francisco, qu'elle avait vu à la télévision, était en train de faire la vuelta à la Maestranza. Francisco avait dans ses mains les deux oreilles de Escandaloso, un toro faible et presque arrêté de Sanchez-Ybarguen, qui changeait de vélocité dans la passe et qu'il avait intelligemment toréé en supportant sans bouger ses charges indécises.

Francisco Rivera Ordoñez aurait pu aussi, en le tuant au premier essai, couper une oreille à Sorprendido, toro de Los Guateles, qui freinait dans la passe en donnant des coups de tête désordonnés. Il serait, avec trois oreilles, sorti par la porte du Prince, de l'autre côté de la maison de son illustre pépé. Francisco, qui avait déjà coupé une et une oreille le 23, jour de son alternative, est ainsi devenu, à force de vaillance, d'intelligence et de finesse, le triomphateur sans conteste de la féria de Seville 1995, et à la grande surprise des aficionados.

Personne n'attendait en effet, à ce niveau, l'orphelin de Paquirri, élevé dans la soie, la richesse, la mémoire de son père et les

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