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Las Ventas, l'arène mère madrilène. La plaza de toros a été témoin de 60 ans de corrida et d'histoire d'Espagne

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Publié le 13/05/1995 à 5h05

Les arènes madrilènes de Las Ventas, où la feria de la San Isidro

débute aujourd'hui, sont nées voilà plus de soixante ans sous le double signe de la République espagnole et de l'affrontement social. Elles ont remplacé, en 1931, la vieille plaza de l'ancienne route d'Aragon, jugée trop petite: 13.011 places contre 23.000 à Las Ventas. Brique et fer, architecture métallique et arcs de style arabe, les arènes de la route d'Aragon suintaient, selon l'écrivain Perez Galdos, une sorte de «tristesse industrielle». Manuel Granero, le torero violoniste, s'y était fait tuer en 1922 sous la grosse pendule «Luis Coppel Calle Mayor 6». Mort néomudejar.

Le projet de construire une plaza monumentale a été lancé, dès 1919, par le torero Joselito et son ami l'architecte José Espelius. Le lieu choisi, dans une zone de bidonvilles sans voie d'accès, soulève d'emblée la polémique, qui est toujours le mode d'expression de Las Ventas, lieu de fixation madrilène de la «division d'opinions». Le terrain sera cédé à la ville par la famille Jardon contre un bail d'exploitation des arènes de cinquante ans. Les travaux dureront plus de dix ans, et le style architectural choisi, le néomudejar donc, est à l'époque déjà passé de mode.

Commencée sous la dictature de Primo de Rivera, la nouvelle Monumental n'est pas totalement achevée lorsqu'en avril 1931 la gauche gagne les municipales et proclame la république. La mairie socialiste de Madrid marque le coup et donne, au bénéfice des ouvriers en chômage, la p

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