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Interview

«Il est jeune, ça énerve les gens». Pour Alain Montcouquiol, Jesulin révèle la sensibilité d'une époque.

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Publié le 03/06/1995 à 5h43

«Il est jeune, ça énerve les gens»

Pour Alain Montcouquiol, Jesulin révèle la sensibilité d'une époque.

Jesulin a aussi ses défenseurs. Alain Montcouquiol, Nimeño I, responsable des arènes de Béziers, admet que la médiatisation qui l'entoure le dessert, mais reconnait les mérites du matador d'Ubrique .

Beaucoup d'aficionados détestent Jesulin...

C'est peut-être l'hypermédiatisation légitimement agaçante du personnage qui dérange ces aficionados-là. Et, lorsqu'ils arrivent aux arènes, ils ne parviennent plus à voir froidement le torero.

Et quand on le regarde froidement?

Si tu le regardes froidement, il est difficile de ne pas voir ses qualités et son grand mérite. Mais ce genre de torero a toujours été controversé. Ça me fait penser au traitement qu'a dû subir Damaso Gonzalez. Il lui a fallu attendre les dernières années de sa carrière pour qu'on reconnaisse enfin sa tauromachie et le pouvoir qu'il avait sur les toros. Jesulin aussi a ce pouvoir. Mais, comme il est jeune, qu'il torée avec le sourire sans que ça paraisse difficile, ça énerve les gens. Parce qu'il n'entre pas dans leur schéma mental, qui veut qu'un torero de la puissance technique doive être âgé et avoir de la bouteille.

Où se situent les mérites de Jesulin?

D'abord, il n'évite pas les grandes arènes, il va à Madrid, à Pampelune, à Bilbao, à Séville. A Séville l'année dernière, à la San Miguel, je l'ai vu faire se lever la Maestranza avec deux toros durs. De plus, il se met dans le toro et ne se fait jamais accrocher

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