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Interview

Wenger: attention au foot nippon!L'entraîneur exilé compte rester au moins deux ans au Japon.

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Publié le 21/09/1995 à 7h50

Tokyo, de notre correspondante

Après avoir passé dix ans à l'AS Monaco, Arsène Wenger a pris en charge, début 1995, la destinée de l'équipe Nagoya-Grampus, dont Toyota est propriétaire. Pour Libération, il tire un premier bilan de son expérience.

Vous êtes au Japon depuis bientôt huit mois comme entraîneur de l'équipe Nagoya-Grampus. Comment vous habituez-vous à la vie japonaise?

Je m'attendais à un Japon beaucoup plus traditionnel. En fait, beaucoup de villes ressemblent aux villes américaines. Le dépaysement est venu après. Petit à petit, en prenant conscience du fossé culturel. Le plus dur a été de me défaire du mode de vie français, fait d'un tas de petits bonheurs quotidiens dont on est vite prisonnier: voir des amis, lire un canard le matin, parler au commerçant du coin, pousser le bouton de la télé... Mais ma vie à l'intérieur du club est remarquable. Je travaille avec des gens qui ont les qualités bien connues des Japonais: le respect de l'autre, la politesse, et surtout une volonté étonnante de se mettre au service de l'autre. Dans le quotidien, les gens sont moins mesquins qu'en France ou tout le monde critique tout le monde. Sur ce plan, c'est un sacré bol d'oxygène!

La barrière de la langue?

Au départ, c'était assez cocasse. J'avais 36 joueurs à l'entraînement, j'étais incapable de sortir un mot! Et mon interprète ne comprenait strictement rien au foot... Mais les joueurs ont ici beaucoup de simplicité et de spontanéité. Une fraîcheur et un enthousiasme inouïs qu'on n

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