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Libération

Chamoux en perdition dans l'HimalayaAngoisse sur le sort de l'alpiniste qui a passé deux nuits à 8.300 mètres.

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Publié le 07/10/1995 à 9h29

L'inquiétude s'est installée sur les pentes du Kangchenjunga (8.586

mètres). L'alpiniste savoyard Benoît Chamoux, en perdition sur l'arête sommitale, entamait hier sa deuxième nuit à plus de 8.300 mètres d'altitude. La veille, déjà épuisé par seize heures d'ascension, il avait renoncé à atteindre le sommet de son quatorzième 8.000 (Libération de vendredi). Au Kangchenjunga comme souvent dans l'Himalaya, le succès (le Suisse Erhard Loretan est devenu jeudi le troisième homme à conquérir les quatorze 8.000 de la planète) côtoie la tragédie. Jeudi, Rikou, un sherpa de l'expédition française, avait trouvé la mort peu après le départ du camp IV.

Hier à 7 heures du matin (heures locales, cinq heures de plus qu'en France), l'alpiniste suisse Jean Troillet, compagnon de cordée d'Erhard Loretan, prend contact par radio avec Benoît Chamoux: Troillet, qui était au sommet la veille à 14h40, est déjà redescendu au camp de base. «Troillet lui a remonté le moral», explique Guy Chaumereuil, de Radio France Savoie, en contact avec Benoît Chamoux depuis le début de son expédition. L'alpiniste, qui a passé la nuit à 8.500 mètres d'altitude, sans aucun équipement de bivouac, quelques mètres seulement en-dessous du point le plus haut de sa tentative, apparaît très éprouvé. Du camp de base, où l'on suit Chamoux aux jumelles, on le voit se lever, repartir et entamer sa descente, lentement. Plusieurs fois, Chamoux appelle Troillet au camp de base: il a du mal à trouver l'itinéraire de descente, dit

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