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Chamoux: les mystères d'un 5 octobreAu Kangchenjunga, l'alpiniste semble «oublier» son expérience. Témoignages.

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Publié le 10/10/1995 à 9h28

Pourquoi, ce jeudi 5 octobre dans l'après-midi, Benoît Chamoux et

Pierre Royer ont-ils poursuivi leur ascension vers le sommet du Kangchenjunga alors que la nuit approchait, que l'épuisement gagnait et que tous deux, himalayistes chevronnés, connaissaient les risques énormes d'un séjour prolongé en très haute altitude? Comment, le matin du même jour, n'ont-ils pas renoncé après la chute mortelle de leur sherpa? En attendant l'arrivée au col Ouest, aujourd'hui au plus tôt, d'une expédition de secours italienne, ces questions sans réponses, cette incompréhension dominent le milieu de la montagne, où l'on tente de se convaincre que tout espoir n'est pas perdu de retrouver vivants les deux hommes, dont la trace s'est perdue il y a cinq jours à plus de 8.300 mètres.

Tous les témoins que nous avons contactés insistent sur la très grande expérience himalayenne des deux hommes, qui tentaient, l'un, son quatorzième 8.000 (Benoît Chamoux), l'autre, son neuvième (Pierre Royer).

«Benoît Chamoux m'a sauvé la vie, raconte Pascal Tournaire, photographe de montagne et directeur artistique de la revue spécialisée Alpinisme et randonnée. C'était en 1986, lors d'une tentative à l'Everest par le versant tibétain. Nous étions arrivés à 8.600 mètres d'altitude. Il faisait beau. Benoît nous a ordonnés de faire demi-tour. Je n'ai pas compris tout de suite mais plus tard, au camp IV. Nous étions cinq, tous très malades. Je n'aurais jamais pu imaginer la fatigue, les difficultés de la descente. Grâce à

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