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Libération

Aimé Jacquet collectivise les profitsAprès la victoire, le coach ne la ramène pas. Mais il n'en pense pas moins.

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Publié le 13/10/1995 à 9h20

Une nuit de réflexion, pour asséner à nouveau la vérité, sa vérité.

Hier, 11 heures, au siège de la fédération. Aimé Jacquet, figure reposée, teint frais, peut revenir sur le succès bol d'air de la veille à Bucarest (3-1). Dans l'avion du retour, on avait déjà noté que l'euphorie du succès contre les Roumains n'avait pas grisé la jeune classe, que la belote contrée, la lecture de magazines et les discussions entre amis n'avaient ni ostentation de parvenus, ni prétentions mal placées. Personne n'a heureusement oublié la morgue des Tricolores, lors des éliminatoires d'un Mondial américain qui leur avait filé entre les doigts; alors il s'agit de ne pas répéter les erreurs des aînés trop sûrs d'eux. Pas de triomphalisme donc, ni de chants de victoire dans les travées de l'Airbus. Juste la saveur d'un déplacement fructueux, la satisfaction d'un devoir accompli de pieds de maîtres, en attendant mieux. Alors, quelques paires d'heures plus tard, le sélectionneur a le juste goût de ne pas en rajouter.

La route était effectivement longue jusqu'à l'Euro 96, et ses joueurs en voient désormais le bout, le bon bout. «La marge de manoeuvre était très étroite lors de ma prise de fonction, se souvient Aimé Jacquet, arrivé après la démission de Gérard Houllier en novembre 1993. J'avais compris que j'étais à un carrefour où une génération allait nous quitter et une autre éclore. Mais je tenais à garder les anciens, en incorporant à dose homéopathique la jeune génération. Je suis aujourd'hui trè

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