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Pôle Sud: rêveries glacées d'un promeneur solitaire

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Le Norvégien Borge Ousland a marché 44 jours.

Publié le 13/01/1996 à 23h57

Au milieu de ce jour sans fin de l'été polaire, Borge Ousland a décidé que c'était le matin et a réglé sa montre sur 8 heures: soleil dans son dos, il pouvait marcher sans être ébloui. Ce 8 novembre, sur un rivage de l'Antarctique, il a mis en route son étrange métronome personnel, pour la première de ces journées calibrées qu'il devait répéter sans mollir pour rallier le pôle Sud, à 1.350 kilomètres de là, puis compléter la première traversée de l'Antarctique en solitaire et sans assistance: ni avion, ni chiens, juste 150 kg de matériel et de vivres dans un traîneau et 20 kg dans un sac à dos.

Réveil à 6 heures, petit déjeuner, préparation des 2 litres d'eau de la journée, chargement du traîneau. Départ à 8 heures. Dix heures de marche avec 6 pauses d'un quart d'heure, vérification régulière du cap sud grâce l'ombre du bâton de ski, plus rarement au compas. Le «soir», deux heures pour installer la tente, préparer le dîner, effectuer le relevé satellite de sa position, remplir le carnet de route. Puis deux heures de détente; quatre livres: le Prophète, de Gibran, un recueil de nouvelles, un récit d'exploration polaire, le Nouveau Testament. Enfin huit heures de sommeil, une nuit abstraite dans la lumière. Aucune journée de repos, températures entre -20 et -35$, vent constant; incidents à signaler: une tempête, chute dans une crevasse, heureusement stoppée par le traîneau.

Le 22 décembre 1995, après quarante-quatre jours de solitude dans le désert glacé, Borge Ousland a retrouv

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