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Destivelle se fait une belle frayeur antarctiqueL'alpiniste raconte son sauvetage, jambe brisée.

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Publié le 19/01/1996 à 23h44

L'alpiniste Catherine Destivelle, 35 ans, a été victime d'une

fracture ouverte du tibia droit en chutant au sommet d'un sommet vierge de 4.160 mètres, dans l'Antarctique. Jointe au téléphone à Punta Arenas (sud du Chili), où elle est hospitalisée depuis hier et doit être opérée aujourd'hui, l'ancienne championne d'escalade «reconvertie» dans le grand alpinisme et auteur de nombreuses premières féminines, raconte l'accident. Récit à deux voix avec son compagnon, Erik Decamp.

«C'est arrivé au sommet, à 4.160 mètres d'altitude, samedi dernier à 20 heures, raconte Erik decamp. Je prenais des photos de Catherine et lui ai demandé de reculer. Elle a fait un pas dans la pente raide et s'est enfoncée dans la neige, qu'elle croyait dure. Pratiquement dans le viseur, je l'ai vue basculer en arrière et glisser sur le dos, très vite. Le temps que je réagisse et que je l'arrête en douceur, elle avait chuté de 20 à 25 mètres.»

«Heureusement, Erik a eu le bon réflexe, poursuit Catherine Destivelle. On s'est retrouvés sur ce sommet, complètement isolés, pas une présence humaine à 150 kilomètres à la ronde. Il faisait ­10 à ­15$, nous étions en haut d'une face de 2.000 mètres de haut, sortis d'une voie magnifique dont la difficulté est de l'ordre de celle de la face nord du Cervin. Je me suis dit: ça y est, j'y passe. Ma jambe faisait un angle de 90 degrés et pissait le sang... Nous étions déshydratés. J'ai pensé à Doug Scott, qui s'était cassé les deux jambes dans l'Himalaya et avait survécu

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