Vendredi restera comme un jour de boulimie suisse. La disette a
cessé en milieu de journée quand, sur la piste de l'Ours à Veysonnaz, à domicile, les skieurs helvètes ont enfin replongé le nez dans l'assiette à succès. Deux ans sans victoire en descente et, d'un coup d'un seul, quatre rapides vêtus d'une combinaison gruyère qui se postent en trusteurs d'une épreuve de Coupe du monde.
On croit d'abord voir en Xavier Gigandet le vainqueur du jour. «Gigus», air de fils de bonne famille, soutenu par une tribu vaudoise venue du canton voisin, s'infiltre en leader et dépasse le Norvégien Atle Skaardal et le solide Autrichien Patrick Ortlieb, parti avec le dossard 5 et meneur de revue un instant pour cause de descente favorable à son style de glisseur lourd plutôt que de technicien finaud. Mais c'était sans compter sur le généreux Gigandet, donc, tout en glisse revancharde après une période néfaste, qui commence par faire plaisir aux siens sur le coup de 10h30. La fête suisse n'en est qu'à ses débuts.
Un peu plus tard, en effet, c'est William Besse, moustache paillarde et boucle d'oreille de pilleur de vaisseaux, qui retrouve les sensations qu'il croyait perdues. Un moment remis en question au sein de l'équipe nationale, rattrapé par la manche la semaine dernière à Kitzbühel, il se sent chez lui, avec juste raison, et dépasse Gigandet à la suite d'un parcours sans faute. Joli doublé, se félicitent les locaux à coups de trompette bouchée et de fendant débouché. L'affaire ne va néanmoin




