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Portrait

Marc Batard décroche des sommetsA 43 ans, le Droopy nerveux de l'alpinisme met fin à sa carrière.

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Publié le 23/01/1996 à 23h38

Marc Batard raccroche les crampons et veut tourner une page. Pour ce

faire, en homme méthodique, il a successivement écrit un livre (1) et conduit une dernière entreprise dans l'Himalaya. Au pied de la face sud du Nuptse, dans les derniers jours de décembre, il a compris que cette très grande voie (2.100 mètres de dénivelée) jamais tentée, qu'il avait repérée il y a deux ans, n'était plus pour lui. «Il y a encore cinq ou six ans, j'aurais accepté cette forme d'inconscience, explique-t-il, de retour à Paris. Mais le premier tiers de la face était en mauvais granit. C'est là que j'ai pris la décision d'arrêter. Je ne me lancerai plus dans des défis engagés.»

Marc Batard rêvait d'une sortie à la Walter Bonatti, l'un des rares alpinistes qu'il admire sans mélange. En 1965, le maestro avait choisi la face nord du Cervin pour mettre un point final à sa belle carrière, y traçant une nouvelle voie, seul et en hiver. Batard avait voulu transposer la scène dans l'Himalaya, l'épilogue a tourné court.

Pour comprendre cet étrange Droopy sec et nerveux, yeux vifs et colères rentrées, il faut remonter vingt ans en arrière, au pied du Gasherbrum. Marc Batard, 23 ans, s'y frotte pour la première fois à l'Himalaya, au côté de Yannick Seigneur. «A 34 ans, il était dans ce qu'on considérait alors comme l'âge idéal pour un himalayiste... et c'était l'un des meilleurs de l'époque. Moi, j'ai découvert que j'avais une aptitude physique à l'altitude très au-dessus de la moyenne. Pendant l'ascension,

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