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Suspendre les fumeurs de hasch: «Illégal»Un avocat conteste les fondements des sanctions prononcées par les fédérations.

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Publié le 27/01/1996 à 23h23

La tapageuse offensive cannabinophobe dans le milieu sportif a levé

un drôle de lièvre: celui du classement du cannabis dans les produits dopants par arrêté gouvernemental. Refusant toute forme d'absolution aux fumeurs de joints, Guy Drut, ministre de la Jeunesse et des Sports, pourrait se trouver confronté au problème juridique posé par la légalité contestable de cet arrêté, au diapason d'une hystérie bien française fourrant le haschisch dans les drogues dures.

Pour Francis Caballero, avocat et professeur de droit qui mène la guerre juridique en France contre les lois antidrogues à travers le Mouvement de légalisation contrôlée (MLC), «les poursuites intentées contre les sportifs dépistés positifs au cannabis sont grossièrement illégales». Historiquement, rappelle-t-il, la première loi antidopage, du 1er juin 1965, votée dans la foulée du décès du coureur cycliste britannique Tom Simpson au mont Ventoux, fut un joyeux fourre-tout. «On y avait mis n'importe quoi: 800 substances avec les tableaux A, B et C des produits stupéfiants, toxiques et dangereux (réprimés plus tard par la loi de 1970 contre la toxicomanie, ndlr). On y trouvait le zinc, le DTT, l'eau oxygénée, la soude, le plomb, jusqu'à la teinture de muguet!...» L'arrêté qui a suivi la nouvelle loi de 1989 actuellement en vigueur a repris la liste intégrale des stupéfiants sous la rubrique «stupéfiants antidouleurs et antres antidouleurs». Le cannabis, qui y figure, n'est pourtant pas considéré comme un antidouleur, p

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