Il croit au destin, dit-il, qui aurait couché sur le papier la
préface de sa jeune existence. Puis enluminé à la pointe sèche les premiers chapitres d'une maturation lente, mais sûre. «Dans le long chemin de la vie, tu sais quelle direction prendre, mais tu ne sais jamais où cela va s'arrêter, constate Youri Djorkaeff. Mais ce qui m'arrive, je ne le refuse pas, comme si j'avais été préparé inconsciemment à recevoir et à donner.» Son parcours de footballeur ressemblerait moins à un plan de carrière calculé qui l'aurait fait passer de petits clubs formateurs de la banlieue lyonnaise au PSG trusteur de trophées, qu'à l'ascension, marche après marche, d'une échelle sans fin. Esquisse d'un jeune homme bien mis, au profil que l'on craint lisse quand il cache une force de caractère en acier trempé. «Je ne doute jamais, je ne me pose pas la question de savoir si je mérite ce qui m'arrive, mais j'ai toujours eu l'impression que les gens comptaient sur moi et que je pouvais rendre leur investissement.»
Il a longtemps été fils de Jean avant d'être meneur de jeu. Son père, Jean Djorkaeff, footballeur émérite des années 60, international devenu entraîneur, aujourd'hui noyau du cercle de famille. «Chaque fois, dans des situations similaires, j'ai retrouvé ce qu'avait vécu mon père. Au fur et à mesure, cela m'a permis d'anticiper.» Père-conseil, père-agent, père-référence. «Quand j'ai commencé, pupille à Décines, j'étais le fils à Djorkaeff. Au sein du club comme à l'extérieur. On me demanda




