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Portrait

Lionel Daudet, pur et dur de l'alpinisme en solitaireIl est honoré pour un tour du monde en 12 sommets

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Publié le 13/02/1996 à 1h24

Dans les steppes du nord du Kenya se dresse le Poï, un piton de

2.000 mètres accroché aux nuages, une montagne initiatique. Au sortir de l'enfance, les jeunes des tribus nomades qui vivent à son pied doivent y survivre une semaine, sans eau ni nourriture, en chassant à la lance les antilopes et le gibier qui peuplent son plateau sommital, mangeant leur chair et s'abreuvant de leur sang.

Lionel Daudet a escaladé la face est du Poï, la plus raide, en solitaire. Il entamait sur le continent africain un grand voyage d'un an, un tour du monde d'alpiniste en douze ascensions solitaires d'extrême difficulté, pour lequel il vient de recevoir le Cristal 96 de la Fédération française de la montagne et de l'escalade (1). Une aventure qui allie l'esprit pionnier d'un Walter Bonatti, le brio d'un Christophe Profit et rappelle les exploits un rien baba cool d'un Thomas Gross, qui dans les années 70 passa dix-huit jours dans la face ouest des Drus avec sa guitare. A 28 ans, «Daude» est entré dans le cercle des grands de l'alpinisme. «Lorsque je suis redescendu du Poï, j'avais la poitrine et les cuisses lacérées par les épines. Dans ces marques, semblables aux cicatrices qui bardent leur corps, les Africains ont vu une forme d'initiation. Cela a créé entre nous une grande complicité. Ils m'ont appelé Simba, le lion...»

Lionel «Simba» Daudet est né il y a 28 ans à Saumur, Maine-et-Loire, pays plat. Ses parents, instituteurs, vibraient pour la montagne. Le gamin s'appellera Lionel, comme Terray

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