Pradollano, envoyé spécial
Il est arrivé, l'air las, l'oeil presque triste. Franck Piccard dispute ses derniers championnats du monde. Déjà presque reconverti en skieur testeur chez Salomon, comme certains sont pilotes essayeurs pour Ferrari ou McLaren. Et à l'entendre, le plus titré des tricolores actuels (1), qui disputera le géant vendredi, paraît presque plus heureux de mettre ses compétences au service de la firme d'Annecy que d'être coureur pour l'équipe de France. Dans le hall d'un grand hôtel, il parle de son nouveau métier, doucement, en souriant parfois.
Saisons. «Pour mettre au point skis et chaussures, on travaille évidemment toute l'année. Mais le gros du travail, c'est de mars-avril à octobre. Pendant l'hiver, on émet des critiques que l'on transmet aux ingénieurs qui normalement savent à quoi cela correspond. Les nouveaux skis nous sont ensuite présentés en mars ou avril et le travail consiste alors à peaufiner l'équilibre idéal pour attaquer la saison. La principale difficulté consiste à trouver des conditions de neige qui ressemblent à celles de l'hiver. C'est une question de feeling, de sensations, d'imagination. En octobre, le nouveau ski est enfin défini et le travail du technicien commence. Disons que l'été on travaille le ski de l'intérieur et l'hiver de l'extérieur, avec les questions d'affûtage et de préparation de semelles.»
Histoire de structure. «Le problème, et l'intérêt du travail chez Salomon, c'est qu'ils ont été les premiers à construire un ski m




