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Portrait

Christophe Saïoni veut flamber sans mettre le feuIl se pose en outsider pour le géant. S'il arrive à garder son sang-froid. Pas évident pour un Méditerranéen.

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Publié le 23/02/1996 à 0h53

Pradollano, envoyé spécial

Look de flibustier, barbichette blonde à la Errol Flynn, accent du Sud d'un frère de la côte, Christophe Saïoni est un cas. Parce que le Niçois de 27 ans s'est brisé trois fois les ligaments croisés au cours de sa carrière ­ «je me suis fait les trois genoux», aime-t-il plaisanter. Parce qu'il est issu d'un massif ensoleillé et méridional, avec l'image tronquée que peut renvoyer la Riviera dans ce milieu du ski dominé par les montagnards des Alpes du Nord. Parce qu'il a justement eu bien du mal à se faire une place dans ce monde-là, renfermé et protectionniste. Parce qu'il est, malgré tout, le meilleur géantiste français actuel. Rencontre avec un gars de la baie des Anges, savoureux et presque assagi, heureux et ambitieux.

L'oeil brille presque autant que la boucle en or qu'il arbore à l'oreille gauche. Il est si content d'être ici, en outsider sérieux pour l'épreuve d'aujourd'hui après ses bons résultats cet hiver: 6e à Kranska Gora, 8e à Adelboden et Tignes, 5e à Hinterstoder, le dernier géant disputé juste avant l'ouverture des championnats du monde.

La clé de ses bons résultats, il la voit dans le dressage de son caractère, dans le resserrement de ses écarts. «J'ai acquis de la sobriété et de la régularité, admet-il. J'attaque toujours à bloc, mais sans faire mourir mes entraîneurs quand ils me voient passer. J'essaye de rester le plus sobre possible avec le haut du corps, même si parfois il m'arrive de faire d'étranges figures avec les bras. Il

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