Rome, de notre correspondant
Hier, Massimo s'est réveillé à 11 heures, en savourant à l'avance le programme habituel de chaque dimanche: avaler les lasagnes préparées par maman, rejoindre ses potes au bistrot, puis être au stade Olimpico à midi pile, pour l'ouverture des portes. Prendre ensuite place dans le virage nord, avec un «espresso Borghetti» horrible mixture de café et d'alcool à la main, et attendre en chantant que son équipe, les blanc-bleu de la Lazio, «l'équipe qui vole et fait rêver», entre sur le terrain et inflige une déculottée aux Florentins haïs de Gabriel Batistuta. «Quand j'étais môme, une fois, j'avais séché l'école une dizaine de jours. Puis un matin, pris par l'envie de revoir mes potes, je me suis réveillé tôt... C'était férié. Hier, je me suis senti aussi con.»
Un dimanche historique. Pour la première fois, les joueurs professionnels italiens de première division se sont mis en grève, après avoir brandi la menace tant de fois que personne ne les prenait plus au sérieux. Hier, ils ont croisé les pieds. Stades vides, radio et télévision muettes, qui n'égrènent pas les résultats «minute par minute». Dimanche surréaliste, pluvieux et inquiétant. Des psychologues ont mis en garde contre une explosion des tensions familiales, des querelles avec madame et des claques aux enfants: «L'Italien n'est plus habitué à passer les dimanches en famille, de surcroît sans foot.» Exagération sans doute d'un homme de lettres, méfiant à l'égard de l'univers du ballon r




