Bruxelles, envoyé spécial
Estompée la grise mine du ciel, gommée la mine maussade du «Snake». Sur le coup des 22 heures, Youri Djorkaeff, le collectionneur de bouteilles de Coca, Youri Djorkaeff, le numéro 6 dont le surnom récent d'animal rampant entend rappeler les trajectoires sinueuses de ses frappes, les ondoiements de ses courses, les feintes de corps d'invertébré (et la langue de serpent murmuraient certains au plus fort de la dernière crise parisienne), peut sourire à gorge déployée. La Coupe des coupes en poche. Et son agent de père, comme son restaurateur de frère, comme la joyeuse bande d'Arméniens de Décines et des banlieues de Lyon montés pour l'occasion peuvent faire la sarabande dans les travées du stade Roi Baudoin.
Au moment de la photo officielle déjà, six debout, cinq accroupis, en patron, celui que l'on annonce en partance pour l'Espagne (mais n'est-ce point la saison des rumeurs les plus folles) prend le fanion du club que tient Colleter pour le coller entre ses doigts. Très vite, on va le voir se multiplier. Appelleur de ballons devant, relanceur au milieu, il peine pourtant comme les siens en début de rencontre. Et quand Kühbauer lui prend la balle des pieds, c'est le Rapid qui met la main sur le début de rencontre. Du moins le croit-on.
Il n'est pas homme à rester corseté par l'enjeu, vissé par la pression. Lui qui a le foot tellement greffé sur la peau qu'il racontait perdre ses esprits à l'île Maurice après six jours de plage. Et qu'il devait aller fa




