«S'ils ne veulent pas jouer, eh bien, ils feront du rugby entre eux
derrière la place de l'Église.» Charles Biétry a le verbe tranchant, n'est peut-être pas un expert en rugby, mais on ne va pas reprocher au patron des sports de Canal Plus un manque de compétence en matière de sport et de télévision. Tous retransmis en direct à parts égales par sa chaîne et par France Télévision, les non-matchs des quarts de finale, où ont été inscrits en tout et pour tout 3 essais, l'ont un peu désolé. «Et encore, nous avons un petit avantage. Le jeu n'y est pas, ça nous oblige à faire des gros plans, à rentrer dans les détails. On peut toujours faire de la bonne télévision avec une gueule, un geste, une attitude. Ce serait mieux avec du bon rugby.»
Question d'état d'esprit. La télévision a d'autres avantages. A la mi-temps du match Toulouse-Narbonne, on put entendre les entraîneurs des deux équipes encourager leurs joueurs à produire plus de jeu. «Faites-vous plaisir», dit même le Narbonnais Henri Ferrero. En vain, ce match, comme les autres, resta stérile. Jean-Claude Skrela, entraîneur du XV de France, ne peut que faire ce constat: «Les consignes des entraîneurs ne sont pas entendues. Seule la victoire est belle. Pourtant, qu'il y ait du jeu ou pas, au bout de la route, il n'y a qu'un champion de France, des gagnants et des perdants. Alors pourquoi ne pas jouer? C'est une question d'état d'esprit.»
Tout indique aujourd'hui que dans la majorité des cas, le refus de jouer vient des joueurs




