Meilleur joueur du monde pour certains, grand joueur de petit
championnat pour d'autres, Eric Cantona, le plus anglais des footballeurs français, ne sera pas à l'Euro 96. Du moins en tant que joueur. Ainsi en a finalement décidé, en son âme et conscience, Aimé Jacquet, qui annonçait hier dans les locaux de la fédération son choix des 22 Tricolores en partance pour l'Angleterre. Un choix que le sélectionneur expliquera à sa manière: «Il a été à la fois facile et difficile à faire: facile, parce que j'ai suivi mes idées, gardé mes convictions, parce que je me suis déterminé professionnellement à partir des acquis, du terrain. Difficile, parce qu'en tant que sélectionneur il faut prendre ses responsabilités, éliminer des garçons qui ont réalisé une belle saison.»
Comme Eric Cantona, donc. Le cas divisait le pays, au fil des résultats obtenus par le Français outre-Manche. Micro-trottoirs, sondages, appels au bon peuple: imperceptiblement, la France s'est retrouvée partagée. Parce que Cantona, revenu de sa longue suspension, est devenu l'artisan du doublé des «Reds» en coupe et en championnat d'Angleterre, parce que Cantona reste Cantona, malgré ses dérapages, ses pétages de plomb, ses atémis à la gorge; avec ses buts dits «décisifs», son col de maillot relevé, son long silence radio, son fascinant mystère factice. Mais tout cela n'a pas fait dévier Aimé Jacquet: le dossier Canto a été balayé par un entraîneur national sûr de son fait, marteleur de convictions, dans les salons fé




