En foulant lundi 13 mai la cime du Manaslu, un géant népalais de
8.163 mètres, le Mexicain Carlos Carsolio a rejoint l'Italien Reinhold Messner et le Suisse Erhard Loretan (1) dans le club très fermé des alpinistes ayant gravi les quatorze sommets de plus de 8.000 mètres. Il réalise le rêve de tout himalayiste, le rêve tout près duquel Benoît Chamoux est mort d'épuisement le 6 octobre 1995, à quelques centaines de mètres du sommet du Kangchenjunga, qui devait être son quatorzième 8.000.
Carlos Carsolio, aîné d'une famille de sept enfants, est né il y a trente-quatre ans au-dessous des volcans, à Mexico. Il a 8 ans quand son père l'initie à l'escalade, à peine plus quand il gravit son premier volcan. Dix ans plus tard, on le retrouve en chapeau tyrolien («mon époque romantique») au pied des grandes faces granitiques du Yosemite, en Californie, où il laisse ses vieilles frusques et découvre la grimpe des années 80. Les «big walls» resteront son terrain de prédilection. Il s'y attaque avec sa femme, Elsa Avila, dont il a deux enfants, une fille de 2 ans et un garçon de 6 mois.
C'est par la Pologne qu'il entre en Himalaya. «C'était en 1985, la grande époque de l'alpinisme polonais, raconte Malgosia Fromenty, une journaliste polonaise qui l'a côtoyé au Népal. Jerzy Kukuczka, le leader de cette génération intrépide et fauchée qui inventa l'himalayisme hivernal, passait son temps à publier des petites annonces dans les revues de montagne du monde entier, pour trouver des compagnons d'




