Lui parle de «parcours cahotique». On en connaît effectivement de
plus linéaires. Laurent Blanc, 31 ans à l'automne, qui devrait être titularisé ce soir aux côtés de Marcel Desailly en charnière centrale, sait de quoi la vie sportive est faite: de hauts, de bas, de succès et d'échecs. Pas de regrets pourtant chez ce grand escogriffe qui vit là un nouveau sommet dans une carrière émaillée de déceptions et de chutes libres. «De tous les clubs que j'ai faits, deux comptent plus que les autres: Montpellier, la base de départ, la formation, les copains, la découverte de ce milieu étrange, un club où j'aimerais revenir un jour, et Auxerre, où je ne suis pourtant resté qu'un an, dans une ambiance que je n'avais jamais connue auparavant. Je n'imaginais même pas que cela puisse exister. Jamais d'échauffourées au cours de la saison, esprit sain, qualité du groupe et du staff. On m'avait prévenu mais je n'y croyais pas, et puis, en arrivant, j'ai ressenti la différence tout de suite.» En arrivant à Auxerre, Blanc sortait exsangue de trois années de misère. On l'avait loué lorsque, devançant la mode actuelle, il avait signé en Italie, à Naples, à l'aube des années 90. Transhumance mitigée: «J'ai fait là-bas la plus grosse erreur de ma carrière. La première année, on termine troisième du championnat, je marque six buts, ce qui, pour un défenseur, n'est pas rien.» Et puis, il l'avoue désormais, Laurent Blanc, en balance derrière avec un joueur suédois, se prend à craindre la concurrence,




