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Libération

Voyage au coeur de la pierreTreize jours dans une paroi de granit au Groenland: le récit de Lionel Daudet.

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Publié le 18/07/1996 à 8h04

Combien de gamins ont rêvé à la lecture des récits d'ascension de

Walter Bonatti? Combien d'alpinistes ont vécu avec lui ces six jours de l'été 1955 passés en solitaire dans le mythique pilier des Drus qui porte aujourd'hui son nom? Combien ont pensé que le grand alpiniste italien ouvrait une porte ­ rien n'avait jamais été fait d'aussi dur, d'aussi pur ­ pour la refermer aussitôt ­ rien ne pourrait être fait d'aussi beau en montagne?

Lionel Daudet s'adresse à tous ceux qui ont été des gamins épris de Bonatti. A 28 ans, ce brillant alpiniste qui a déjà bouclé en 1994 un tour du monde en douze ascensions de haute difficulté (Libération du 13 février 1996) est reparti pour une «odyssée verticale» dont le tracé sillonne les Amériques du nord au sud ­ et dont seize grandes parois forment les jalons (voir carte ci-dessous). C'est un alpiniste en quête de sens, et qui contribue à redonner du sens à l'alpinisme. Qui se situe à l'aboutissement d'une évolution entamée il y a dix ans avec la trilogie de Christophe Profit, point d'orgue d'une décennie dominée par la recherche de la performance. Plutôt que d'enchaîner toujours plus vite les itinéraires les plus durs, les plus grands des alpinistes se (re)tournèrent vers l'aventure: pour Catherine Destivelle, Marc Batard ou Jean-Christophe Lafaille, l'«engagement» de Walter Bonatti partant seul dans son pilier inconnu des Drus redevenait le canon esthétique de l'époque. Lionel Daudet pousse cette quête de l'engagement plus loin encore: ses

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