On l'avait laissé affalé dans les coursives d'une salle qui fête son
héros. Marc Alexandre, seul avec son bonheur, regarde en pleurant le succès du judoka qu'il a formé. Lui, le champion olympique de 1988, lui, le jeune entraîneur, a façonné heure par heure Djamel Bouras pour l'amener à semblable destinée. Il revoit le chemin parcouru pour faire d'un garçon l'un des premiers judokas du monde...
Détection. «La première fois que je l'ai vu, c'était en 1991, en finale du Tournoi de France. Je me suis dit, ce gars, il est tenace, mais il n'a pas beaucoup de talent.» Mais la ténacité est qualité reconnue dans le giron fédéral; Djamel Bouras intègre donc la structure senior, destinée à ceux qui ne sont pas encore en équipe de France. «On a toujours tenu, même si, parfois, ça ne marchait pas. C'est un petit enfant terrible, mais il avait une telle envie de réussir. S'il n'était pas sélectionné pour une épreuve, parce qu'il ne le méritait pas, le lendemain, on pouvait être sûr qu'il était le premier sur le tapis.»
Confirmation. La motivation, elle, est inutile chez ce garçon. «En début de saison, je lui ai dit: Eh bien, puisque tu es le meilleur, on va viser l'Europe et une médaille aux Jeux. Lorsqu'il est devenu champion d'Europe, je lui ai dit: Jusqu'à présent, j'avais des doutes, tu viens de les balayer. Des doutes, lui aussi en a toujours eus... Il avait une forme de complexe d'infériorité par rapport aux autres, par rapport à lui-même. Il a fallu lui faire énormément travailler sa




