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TIR. A 35 ans, le Français décroche son premier titre olympiqueAmat fait roi avec sa fée carabine

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Publié le 29/07/1996 à 7h44

Carabine 3 positions, messieurs (samedi)

Or: Jean-Pierre Amat (France) Argent: Sergei Beliaev (Kazakhstan) Bronze: Wolfram Jr Waibel (Autriche) Cela commence par une histoire de garde-champêtre, cela se termine avec une médaille d'or au cou. Jean-Pierre Amat, barbe taillée, verbe choisi, a découvert le tir par hasard, enfant, à Susville (Isère), lorsque des gens du cru ont voulu créer un club et que le préposé aux annonces l'eut crié sur la place publique. «Avec mon père, on avait déjà une carabine à air comprimé, pour s'amuser dans le jardin, alors...» Ainsi naissent parfois les épopées olympiques.

Ce qu'il aime dans cette pratique? «Le défi aux statistiques», renverser cette mécanique toute bête qui dit qu'a priori il est plus facile de tirer à côté de la cible que de mettre une balle dans un rond de 0,05mm de diamètre (pour le tir à 10 mètres dont il a gagné la médaille de bronze). Ce qu'il savoure dans cette discipline? Elle lui apprend «à créer de l'immobilité, dans cette vie où on est tellement habitué à gérer du mouvement».

Concentration extrême lui demande-t-on. Pas vraiment: «La concentration n'est pas obligatoire, on n'est pas comme des pilotes de moto dont la concentration est induite par la situation. Nous, on ne meurt pas de rater nos coups. Il nous suffit juste de créer la nécessité de cette concentration, trouver du plaisir à se construire une bulle, à rester dedans, comme coupé du monde.» Rien à voir avec la sophrologie, le training autogène et autres balivernes

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