Bonheur non feint quand est hissé le drapeau à croix blanche.
Donghua Li ne peut cacher ni ses origines, elles se devinent sur son visage de gymnaste du Sechuan, ni son émotion, elle se lit également sur les paupières fermées, sur le rictus qui se forme pour empêcher les larmes de couler. Il cherche à retenir ses pleurs comme un enfant sage ses leçons. Au pied d'une tribune, une jeune femme aux longs cheveux châtains ne cesse de serrer les poings, d'applaudir, de sourire. Elle est enceinte, elle est Suisse et porte un beau prénom, Esperanza. C'est l'épouse de Donghua.
Leur histoire porterait facilement le sceau de ces contes que les grands-pères soufflent d'une voix chaude aux enfants en mal de sommeil. Avec leur lot de drames, de souffrances et de douleurs, avant l'accomplissement. Donghua Li est devenu dimanche soir champion olympique au cheval-d'arçons.
Depuis le début des Jeux, on s'est ainsi gaussé de ces sportifs aux passeports double face, de ces apatrides appâtés par quelques pièces d'or, quelques billets verts. La pongiste chinoise devenue Canadienne, l'haltérophile russe au passeport américain, les Bulgares ou les Albanais transformés en Turcs... Rien de tout cela chez Donghua Li, même s'il est question du pays des coffres-forts et des secrets bancaires. Juste une histoire d'amour.
En 1988, il a 21 ans, l'avenir devant lui. Pas encore star en Chine, mais en passe de le devenir. Avec ce que cela implique: le statut, les tapis rouges, la rente à vie. Ce jour-là, il circ




