Sans forcer sur l'oracle, on peut imaginer que, si tout roule
correctement dimanche à Nîmes pour sa dernière apparition en France, Manzanares recevra, à la fin du sixième toro, une ovation très appuyée. Il ira à pas comptés au centre de la piste et, sa montera devant le visage, tournera très lentement sur lui-même pour, de l'ombre à l'ombre en passant par le soleil, répondre aux ovations, selon le mécanisme astronomique qui règle le protocole. Puis, à reculons, il rejoindra lentement la contrepiste. Et on ne le reverra plus en torero sauf, lapalissade, si on le revoit. Il a dit qu'il s'arrêtait, il n'a jamais pour toujours. Va comprendre. Les toreros sont des soleils sibyllins. Comme leur carrière est un zodiaque d'instants cycliques cimentés par l'immédiateté et le versatile, on ne peut leur en vouloir de réapparaître, après avoir disparu un jour, derrière des barrières rouges et des déclarations amphigouriques. Niño de la Capea: «Une fois, j'ai dit que je m'en allais et quand je suis revenu, on m'en a voulu alors que rien n'est plus taurin que ça». S'il n'avait pas remis ça en 1991, après avoir tué son «dernier» toro en 1988 à Salamanque, Niño de la Capea n'aurait pas eu le malheur de prendre un grand coup de corne à Séville, puis le bonheur de réaliser la meilleure faena de sa vie à Guadalajara au Mexique, devant le toro Guitarrero. Spleen et pesetas. Les toreros ne disent jamais le mot jamais et jamais le mot dernier. Niño de la Capea remettait ça «par nostalgie». Ant




