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Mont et merveilles de Norman VaughanParti au pôle Sud dans les années 20 avec ses chiens de traîneau, Norman Vaughan, 92 ans, a traversé la guerre et le siècle avec. En 1994, il a pu enfin gravir la montagne qui, au bout du monde, porte son nom. Rencontre.

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Publié le 14/10/1996 à 23h00

Mont et merveilles de Norman Vaughan

Dijon envoyé spécial Norman Vaughan n'est pas de ce type d'hommes qui ont choisi de traverser l'existence dans les clous. Barbe de neige, verve de collégien, appétit d'ogre, témoin d'un temps révolu. 92 ans bientôt et une vie d'aventures, de bamboches et de découvertes. Ce siècle avait 5 ans à peine, et la bonne société bostonienne saluait alors l'arrivée d'un de ses rejetons à l'avenir déjà tracé. Harvard en était une des étapes obligées. «Là-bas, j'étudiais la météorologie», glisse-t-il un sourire au coin des lèvres. «Pardon, coupe Carolyn, sa quatrième épouse, de trente-six ans sa cadette, tu étudiais surtout le sport et les plaisirs de la vie.» «C'est vrai que j'ai été marié trois fois, mais, avec tout le respect que je vous dois Carolyn, je tiens encore bon.» Fin de la passe d'armes, retour à Harvard, à l'histoire... Expédition. C'est en lisant la presse locale dans ce fief estudiantin de Nouvelle-Angleterre, que le jeune Vaughan apprend que le commandant Byrd s'apprête à monter une expédition pour survoler le pôle Sud. Nous sommes dans ces années 20 que les Américains qualifiaient de rugissantes. «Je me suis dit, je dois partir avec lui, je suis allé frapper à sa porte pour offrir mes services, une domestique m'a interdit d'entrer.» Le jeune homme ne se démonte pas. Il parvient à rencontrer Byrd et lui propose, bénévolement, de servir de musher, conducteur de chiens. Celui qui deviendra un peu plus tard amiral accepte, puis charge

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