Nouveau coup de Trafalgar dans ce golfe de Gascogne aux moeurs
sévères et aux sanctions immédiates. Hier, en début d'après-midi, Nandor Fa, le Hongrois déjà revenu aux Sables pour de sombres histoires de quille puis reparti après avis autorisé, s'est fait embrocher par un cargo panaméen au large de La Corogne. Beaucoup de peur sans doute, et quelque mal, probablement irrémédiable. Le côté droit de son Budapest, préparé comme une F1, bichonné comme une jeune maîtresse par un homme d'âge mûr, est endommagé, même si la structure du navire ne semble pas touchée. Las de ces désagréments qui se succèdent, l'homme au regard de titane et à la mâchoire de tungstène doit faire machine arrière à nouveau, mât sauvegardé, gréement en lambeaux, moral dans la chaussette de spi. Et vitesse réduite pour le solitaire qui garde quelques lueurs d'optimisme dans la pénombre de ses avanies: «Je suis vivant" mais cela s'est joué à cinq mètres près.»
Pour ceux qui ignorent les problèmes existentiels, la course-poursuite bat son plein. Avec de nouveaux choix de route et de stratégie. Premier à franchir le passage obligé de Gran Canaria, Yves Parlier, qui se moque apparemment de ses bidons percés et de son manque d'eau, a devancé de près de cinq heures Isabelle Autissier. Les deux marins ont, depuis, choisi d'aborder la prochaine difficulté différemment. La navigatrice est partie vers l'ouest pour tenter de séduire les alizés avant son adversaire, qui paraît avoir plongé directement vers le sud pour su




