Tandis qu'un navire atteint dans ses chairs et sa navigatrice
blessée au moral font route vers la pointe de l'Afrique du Sud, devant, Christophe Auguin continue à tisser la route et à tailler en pointe les espérances de ses poursuivants. A plus de 15 noeuds, le ludion granvillais, l'allégresse sous la casquette, martèle ses envies de fuite en avant. Malgré un léger coup de buis derrière les oreilles, la nuit dernière: «Mon état de fatigue a pris le dessus, j'ai donc choisi de lever le pied pendant plusieurs heures, et sous voilure très réduite: j'ai dormi comme ça ne m'était pas arrivé depuis le départ, près de neuf heures avec quelques réveils pour vérifier la marche du bateau.» Un sommeil du juste, puisqu'il lui a permis de reléguer Yves Parlier, désormais deuxième, à plus de 300 km. Une distance qui paraît suffisante pour n'avoir ensuite qu'à contrôler la course en bridant sa vitesse par rapport à celle d'Aquitaine Innovations.
Yves Parlier tente de limiter les dégâts. Façon de parler: «J'ai encore pris un coup au moral ce matin, confiait-il hier lors de la vacation quotidienne. Dans un empannage malencontreux, j'ai cassé trois lattes de la grand-voile et arraché l'antenne du standard C (ce qui le prive pour l'instant de la transmission des fichiers de Météo France, ndlr). Je paie chaque jour le fait que mon bateau n'était pas rodé" C'est dommage, car je sens bien que je n'ai pas tous les atouts que j'aurais pu avoir dans ce Vendée Globe.»
Un peu en retrait, Gerry Roufs, mal




