Sans forfanterie, il annonce qu'il part là-bas pour gagner. Nicolas
Vannier, enfant Raboliot dérivé Crockett, de la Sologne aux froidures canadiennes, a la certitude sertie au corps: cette «Yukon Quest», «la course de traîneaux la plus dure du monde», il peut la remporter. Foi de chiens, parole d'homme. «Un jour, j'avais 16 ans, je suis allé voir la SNCF, avec ma carte Inter-rail, et j'ai demandé au guichet jusqu'où on pouvait monter vers le nord. On m'a répondu Kiruna, au-delà du cercle polaire arctique.» Son histoire est alors en marche, au rythme des raquettes, des poneys et des chiens de traîneau qu'il ne tardera guère à amadouer, à guider, à dominer. L'adolescent rêveur de grands espaces et de maigre température ne redescendra plus. Aujourd'hui, c'est vingt ans de voyages, d'expéditions, de la Laponie à la Sibérie, des Rocheuses canadiennes au lac Baïkal en Oural. De ces pays où, dit-on, «l'hiver dure douze mois, et le reste c'est l'été». Et depuis deux ans, un grand projet sportif: disputer la Yukon Quest pour le centenaire de la ruée vers l'or du Klondike. Une course de folie: 1 600 kilomètres de blizzards et de toundras, de cols glacés et de fleuves gelés, entre White Horse et Fairbanks. Une course à peu dormir et à beaucoup hurler, 600 chiens, 50 attelages, un départ insensé devant 20 000 spectateurs, 8 «check points» où faire vérifier son parcours, des chiens munis de puces magnétiques pour contrôler qu'on n'a pas changé d'animal. «C'est une épreuve où l'on dort e




