Val-d'Isère envoyé spécial
Il y a, chez le skieur des Hautes-Alpes, cette part de lucidité de celui qui sait que la fin de carrière frappe à la porte du chalet. Luc Alphand, un an encore, voire deux à skier au plus haut niveau, la trentaine rayonnante, se pose ainsi quelques questions, mais pas trop longtemps: «C'est vrai qu'il y a un côté égoïste à continuer cette vie que je mène. Quand je vois le plaisir que je prends, et en même temps, quand je pense à ma famille, quand je me dis que je rate certaines choses avec mes enfants, forcément, ça me fait réfléchir. J'arrive à un moment où je me rends compte que j'ai surtout vécu pour moi. Sportivement, tout le monde autour de moi a envie que je continue jusqu'aux Jeux de Nagano, pour eux, ça a l'air tellement facile de gagner. Mais cela signifie que l'an prochain, si je veux être compétitif au Japon, il faut que je fasse toute la saison de descente. De toute façon, c'est une décision que je prendrai seul.» Cependant, même si l'homme de Serre-Che, deux fois vainqueur de la Coupe du monde de la spécialité, sait déjà de quoi sera fait son après-ski il revêtira le costume coloré de représentant de luxe, pour sa station, pour la firme qui l'équipe en skis , le plaisir d'en découdre, reprend vite le dessus sur les interrogations familio-existentielles.
Pour l'heure, il se retrouve donc aux affaires, urgentes. Samedi ou dimanche, en fonction des zigzags de la météo qui ont contraint les organisateurs à annuler le géant dames et le se




