C'est un message à l'anglaise. Calme, sobre. «Désolé d'avoir été
aussi silencieux. ça a été de la survie toute la nuit. Je chavire toutes les demi-heures avec des vagues énormes par le travers. Le vent mollit un peu mais j'ai des dégâts à bord, le mieux que je puisse faire en ce moment est 5 nord au 340 alors qu'il faudrait faire cap au 318. Je pousse le bateau autant que je peux.» Alors qu'il comptait plusieurs dizaines de milles d'avance sur Raphaël Dinelli, Pete Goss, british à la frange bon teint, a fait demi-tour dans la tempête. Vent contraire à 60 noeuds, mer contrariante, il part sauver l'élément pirate en perdition. Sans la ramener, jamais. Il s'est rapproché d'abord du marin naufragé, difficilement. Vers 21 heures, le 26 décembre, il télexe à nouveau à l'organisation de course: «Je suis à 19 milles d'Algimouss, il fait nuit, avec la dérive, ce sera difficile de le trouver.» Puis, quelques minutes plus tard: «J'ai fait mon premier ratissage de la zone. Pas de chance. Je suis désolé, la météo se détériore et la nuit est noire. Pete.» Quatre heures plus tard, il écrit à nouveau: «Je viens de recevoir mon plus beau cadeau de Noël. Raphaël est à bord, il a très froid mais il est heureux, il n'est pas blessé"» Mots simples d'un homme qui n'a pas la prétention de jouer les m'as-tu-vu. On parlera d'ailleurs plus du sauvé que du sauveteur alors que l'Anglais vient d'écrire l'une de ces pages qui font le sel des histoires de mer.
Neuf ans dans la Navy. C'est un homme «à la gue




