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Le benjamin trépidant et le doyen intrépideDubois, 29 ans, et Bullimore, 57 ans, effectuaient leur premier tour du monde.

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Publié le 07/01/1997 à 16h23

Le benjamin et le doyen de la course au tapis. Thierry Dubois,

gouaille de Parigot, verve de flibustier, et Tony Bullimore, cou de taurillon, démarche de loup argenté, en désespérance à des centaines de kilomètres de toute vie humaine. Dans le froid et les vents, les eaux et le tourment. Le premier n'a pas 30 ans, le second s'approche des 60. Pas de rapport, si ce n'est la proximité de leurs navires renversés.

Pour Thierry Dubois, la course a mal débuté: un retour aux Sables-d'Olonne, la faute à une mauvaise bille de bois qui décapsule sa coque, alors qu'il faisait course avec les meilleurs. Après un redémarrage en trombe, un safran cassé le contraint à faire route vers Le Cap. Comme si la poisse le rattrapait malgré ses moyennes élevées, ses soifs de surf, de tempête et de baston dans les mers du Sud. Thierry Dubois lit la Peste de Camus sous les alizés, fait mine d'abandonner avant d'être remonté au moral par ses amis, se félicite d'apercevoir «un père Noël noir» lors de son escale forcée en Afrique du Sud, puis mène grand train son Pour Amnesty International, bateau au pedigree noirci par les coups du sort. A son bord, Pierre Follenfant a disputé un tour du monde de damné, plus tard, Nigel Burgess y a laissé sa vie dans le golfe de Gascogne. Pas du genre à se goberger de superstition, le petit brun. A grands coups de «Je ne regrette rien" Je suis content, j'ai ce que je voulais, le vent, la mer, le froid, ça mouille et ça tape" J'ai du vent comme j'aime, 50 noeuds», il tail

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