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Les jeux de la glace et du hasard. Gros plan sur une frange discrète de l'alpinisme: la cascade de glace.

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Publié le 11/01/1997 à 16h07

L'Argentière-la-Bessée, dans les Hautes-Alpes, sera ce week-end le

point de ralliement d'une étrange tribu que la vague de froid fait sourire: plusieurs centaines de glaciairistes venus du monde entier s'y frotteront, si les conditions le permettent (1), aux cascades de glace du vallon du Fournel. Ces passionnés en quête d'un plaisir étrange poseront leur regard sur la glace bleue ou verte qu'effleure parfois un rare rayon de soleil, feront tinter de leurs piolets de fragiles stalactites, parcourront des gorges froides, des canyons cachés, des rideaux, des draperies, des «tubes», où l'on trace un chemin éphémère, remonteront d'improbables chemins de gel. Pour comprendre ce qui peut attirer dans un vallon glacé des Alpes des alpinistes venus parfois de Russie ou du Québec, il faut remonter quelques décennies dans le temps et quelques centaines de kilomètres vers le Nord: c'est en Ecosse, entre les années 50 et 70, que se sont établies peu à peu les règles de ce nouveau jeu. Deux piolets à manche court et à lame recourbée (on dit: «engins»), une paire de crampons douze pointes, et la glace raide devint un terrain de jeu aussi abordable qu'une paroi rocheuse. Sur les pentes du Ben Nevis, auxquelles l'hiver écossais donne l'aura des plus grandes parois alpines, quelques intrépides Anglais enfoncent une ligne Maginot de l'alpinisme en inventant le «piolet-traction». «Orgasme», «Fantasme»,«Erection». Au milieu des années 70, le temps que la très conservatrice «école de glace à la

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