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Interview

«Médecine» en haute altitude. Pour les alpinistes,des médicaments, pas des dopants.

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Publié le 23/01/1997 à 15h31

Le docteur Jean-Paul Richalet, professeur de physiologie à la fac de

médecine de Bobigny, est l'un des plus grands spécialistes de la médecine de montagne. Ce week-end à Chamonix, lors de la rencontre annuelle des himalayistes, il sera un «sage» très écouté.

Dès les premières expéditions en Himalaya, l'alpinisme de haute altitude a été très «médicalisé». Est-ce du dopage?

Je crois que le dopage existe là où il y a compétition, ce qui n'est pas le cas de l'alpinisme. Ce qui est sûr, c'est que la haute altitude est un territoire d'expérimentation médicale, car c'est un environnement extrême, donc dangereux pour l'homme. Des gens meurent d'hypothermie, sont victimes d'engelures, d'oedèmes cérébraux... Il est normal que les médecins s'y intéressent pour essayer de conjurer les dangers de l'altitude, du manque d'oxygène et du froid. L'oxygène est un moyen de supprimer une difficulté essentielle de la haute altitude. Peut-on dire que c'est du dopage?

Quels sont les médicaments contre les effets de l'altitude?

Trois types de médicaments ont des effets prouvés: le Diamox (le plus utilisé), l'aspirine et ses dérivés, et les corticoïdes. Ils sont tout à fait utiles, surtout lors d'ascensions très rapides, au Kilimandjaro ou à l'Aconcagua, voire au mont Blanc. Mais ce n'est pas du dopage, et cela n'a pas d'effet direct sur la performance musculaire. Pour des sujets qui ont déjà été victimes d'oedèmes pulmonaires, on utilise des «bloqueurs calciques» contre l'hypertension. Tout le reste, hom

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