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Vendée Globe. Troisième tour du monde en solitaire et sans escale. Thiercelin, d'âme et d'effrois. Le deuxième de la course charrie des sacs de souvenirs traumatisants.

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Publié le 04/02/1997 à 22h09

Il faut toujours s'intéresser aux gens trop bien mis. Du genre

chemisette Oxford, short en toile impeccable, chaussures trop bien lacées. Parce que, derrière les façades lisses et propres, tons pastel et élégance discrète, se camouflent parfois les locataires d'un monde double, peuplé de tourments et d'interrogations. Marc Thiercelin est de cette trempe-là. Cachant au tréfonds de lui les détails d'une vie passée, préférant joliment parler de ce qui l'entoure plutôt que, prudent, de ce qui l'habite. C'est un artiste, alors évidemment" Sujet aux coups de blues et aux instants de grâce, aux désabusements et aux euphories. C'est un sportif aussi qui, à 37 ans, ne veut plus rater le coche, caractère trop bien trempé et envie de réussir. Derrière le sourire tendre et le ton doux du propos, on sent pourtant bien le poids des coups durs; et la teneur de ces sacs de constats amers que l'homme se balance volontairement derrière l'épaule, comme pour ployer sous la charge des regrets.

Double épreuve. «Je veux tirer vers le positif les deux chocs de ma vie de marin.» Au large des Bermudes, en 1992, après la mini-Transat, il fait le charter pour des jeunes en mal de réinsertion, «des destins individuels chargés». Son navire est fatigué, il menace de s'enfoncer, le skipper appelle à l'aide. Un porte-conteneurs panaméen venu à son secours va, dans la manoeuvre, éperonner le bateau. Peur panique, sauvetage in extremis. Naufrage" «Abandonner un bateau, est une décision très marquante. Rentrer s

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