L'opposition presque unanime des alpinistes aura eu raison du projet
d'expédition franco-chinoise à l'Everest. Hier, André Croibier, nouveau président de la Fédération des Clubs alpins français, a annoncé avoir recueilli 2000 signatures fermes, et plusieurs milliers pas encore centralisées à Paris, au bas d'une pétition nationale appelant à l'abandon d'Alliance 8848, ce projet d'ouverture d'une voie directe dans le versant tibétain (donc chinois") de l'Everest: «Une poignée de main franco-chinoise au sommet du monde faciliterait l'ouverture des marchés asiatiques à des intérêts français, affirme l'appel. Elle légitimerait toutes les revendications chinoises relatives au Tibet, contribuant à faire oublier l'oppression sans limite qui s'y exerce.» Contacté par Libération, Serge Koenig, à l'origine du projet, en admettait le report sine die.
A la suite de Patrick Gabarrou (Libération du 5 décembre 1996), la plupart des grands noms de l'alpinisme avaient pris publiquement position: Jean-Christophe Lafaille, Christophe Profit et bien d'autres dénonçaient la conception dépassée de l'expédition, qui prévoyait de recourir massivement aux cordes fixes et à l'oxygène alors que l'esprit de l'alpinisme, ces dernières années, est à la légèreté. Ils s'indignaient surtout au nom des droits de l'homme, comme l'alpiniste Chantal Mauduit, de retour en début de semaine des camps de réfugiés tibétains de Dharamsala, en Inde: «L'Everest, cette terre de rêve d'enfant, transformée en lieu d'allia




