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Rugby: en attendant le Grand Chelem C'est triste, un joueur blessé

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Publié le 12/03/1997 à 23h25

Il est possible que le mot bucolique n'ait été inventé que pour

Clairefontaine hier matin. En arrivant au château de La Voisine, rebaptisé Ricard par son propriétaire, rien ne manquait: ni le soleil matutinal, ni le ciel bleu pâle d'hiver, ni la rosée sur l'herbe, ni les oiseaux bruyants, ni le cheval au pré. Dans le sous-bois, le long de l'étang, le XV de France , qui comme on le sait est XXI, passait en trottinant. C'était un matin de gloire calme et silencieux, comme on imagine l'avant-veille d'Austerlitz lorsque l'on connaît le dénouement de l'histoire. Jusqu'à ce qu'il passe, marchant seul et sombre, tête baissée, quand tous les autres déjà s'égayaient en courant sur le terrain.

Alain Penaud s'apprêtait à déclarer forfait, et devant sa tristesse il faut bien dire que le soleil, les petits oiseaux, le ciel bleu et même les canards qui jouaient à l'hydravion sur l'étang sont devenus très relatifs. Pourtant tout était encore là et l'entraînement a commencé comme si de rien n'était. Bel entraînement d'ailleurs: échauffement et puis jeu de placement-replacement à dix contre dix. Ça donnait dans l'enthousiasme et l'application, la virtuosité parfois. Et Penaud avait disparu. Il n'a pas traîné au bord du terrain, montré sa jambe gauche malade d'une élongation à mi-cuisse. D'ailleurs il n'y avait rien à voir, ni boitillement, ni douleur insupportable. «Si ce n'était pas l'équipe de France, le match pour le Grand Chelem, j'aurais tenté ma chance, attendu un peu pour me prononcer.

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