Le message est venu d'en haut. Et la fin mérite le détour: «... vos
très nombreux succès reposent autant sur votre talent personnel que sur votre équilibre et votre confiance dans l'avenir.» De ce court extrait de la missive primoministérielle où chaque mot a sans doute été pesé par un scribe dévoué, quoique créatif, d'Alain Juppé, il faut s'arrêter sur la fin. «Votre confiance dans l'avenir». Qui en soit ne signifie pas grand chose, mais fait comprendre la profondeur du dilemme qui touche Luc Alphand, meilleur skieur de l'année. Bientôt les JO. Déjà 31 ans une saison comme jamais et le doute lancinant: poursuivre ou pas? L'encadrement fédéral lui a demandé d'attendre la fin juin pour donner une réponse mais déjà, une courte escapade de trois jours est tombée à point après la folle semaine vécue par le Français à Vail. Dans le calme blanc des étendues québéquoises, sur son scooter des neiges, il va en effet pouvoir réfléchir tranquillement à la suite, ou à la fin de sa carrière. «J'ai une famille qui me manque de plus en plus, un genou qui me fait mal et il ne me sera pas possible de faire mieux que cet hiver, disait-il. Bien sûr, il y a toujours des objectifs sportifs à atteindre, comme une médaille olympique, mais je ne suis pas sûr d'avoir encore envie de faire tous les sacrifices nécessaires...» Alphand faisait référence d'une part aux JO de Nagano de l'an prochain, d'autre part aux entraînements fastidieux, aux voyages donc aux absences estivales qui sont le lot du sk




