Lyon envoyé spécial
C'est beau, un stade vide et en chantier. Le ballet des grues, des pelleteuses et des camions donnent à celui de Gerland, à Lyon, l'allure d'une demi-carcasse à ciel ouvert. D'un côté, tourné vers la ville, le virage nord entièrement refait, recouvert de toile et d'acier; de l'autre, en direction du Rhône qui part vers le sud, un gigantesque magma de terres et de bétons arrachés, de poussières soulevées et de ferrailles tordues. Il faut faire vite, évidemment, mais les travaux ne seront pourtant pas terminés avant début juin, date de l'ouverture du tournoi de France avec, dans le rôle du site-pilote la ville de Lyon. Car l'échéance mondiale court à grandes foulées, comme le constate le général de Peyrelongue, directeur du site, et voix officielle du CFO, le comité d'organisation du Mondial 98.
Connivence ville-Etat-milieu du foot. En arrivant, il y a à peine un an, l'ancien militaire a surfé sur la synergie créée par l'organisation réussie entre Saône et Rhône du G7, séminaire haut de gamme pour grands de ce monde. Il est arrivé seul, le général de Peyrelongue. Ancien de Saint-Cyr, trajectoire dans les chasseurs alpins, envie d'autre chose au terme de la carrière. «Je voulais me retirer à Lyon», dit-il. Là, après de multiples entretiens d'embauche, il a été nommé au poste envié de directeur de site, comme neuf autres collègues sur les autres stades (1), à charge pour lui de faire en sorte que tout se déroule le mieux possible, lors du grand été de 1998. Une




