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L'or noir des Cuadri jaillit à Vic. La corrida de lundi est l'une des sept acceptées par la ganaderia cette année.

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Publié le 17/05/1997 à 2h33

Séville envoyé spécial

Au-dessus de tout, Fernando Cuadri place la caste. C'est-à-dire l'ensemble des caractères génétiques qui finissent par personnaliser un élevage digne de ce nom. C'est cette caste qui fait que les Cuadri ont des cornes plutôt en l'air, fines, des pattes avant plutôt courtes, une robe presque toujours noire, un fanon important, un agressivité mobile dont les stars des arènes ne veulent pas entendre parler. Ça complique trop la vie. Fernando prend ce refus pour un encouragement: «Grâce à Dieu, les figuras ne veulent pas de mes toros.» Le contraire pour lui serait suspect. Sans le ciment de la caste, la bravoure et la noblesse ne servent à rien: «Un toro noble sans caste est un toro idiot.» Mais la caste est aussi instable que la fameuse fille de l'air. Pour la maintenir ou la retrouver, l'éleveur doit sélectionner rigoureusement. A savoir envoyer beaucoup de vaches à l'abattoir. Ce que fait Fernando Cuadri qui tiente ses vaches entre deux ans et deux ans et demi et ne commence à les considérer qu'après un minimum de cinq piques. Voilà son catéchisme et il contredit le credo commercial de nombreux ganaderos, qui sélectionnent très peu ou pas du tout, gardent toutes leurs vaches ou les revendent à des margoulins sans critère, parce que le nombre de corridas a explosé et qu'il faut fournir. Fernando Cuadri, dont les 150 vaches pâturent sur 2000 hectares dans la région de Huelva, pourrait très bien mettre son portable en surchauffe et saturer son carnet de c

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