Amanda Coetzer est souriante. Qui ça? La Sud-Africaine, onzième
mondiale, est totalement inconnue du grand public. Mais elle n'en a cure. Roland-Garros ne rime pourtant pas pour elle avec «bal des deb'». A 25 ans, c'est la neuvième fois qu'elle vient y tâter de la terre ocre. Sans avoir jamais atteint les quarts de finale. D'autres jetteraient l'éponge. Pas elle. «J'ai beaucoup progressé ces deux dernières années», constate-t-elle simplement. Elle vient d'accrocher Steffi Graf au tournoi de Strasbourg, après lui avoir infligé à Berlin la dérouillée la plus sévère de sa longue carrière: 6-0, 6-1. Et se réjouit de revenir une nouvelle fois à Paris. «D'habitude, les jeux sont faits d'avance, avec une ou deux grandes favorites. Cette année, c'est largement ouvert.»
Avec son mètre et demi, elle rend trente centimètres aux nouvelles venues de près de dix ans ses cadettes. «J'ai un bon jeu de jambes. Je suis très rapide, cela compense», se défend Coetzer, qui espère encore jouer trois ou quatre ans. N'a-t-elle pas balayé au premier tour une grande brinque d'Italienne, Rita Grande, la bien nommée (1)? «Bientôt, une taille comme la mienne deviendra un handicap insurmontable. Mais ce n'est pas encore le cas», s'accroche-t-elle.
En 1992, elle a quitté l'Afrique du Sud pour les Etats-Unis, Caroline du Sud, parce que c'est plus facile pour les voyages. 1992, l'année où l'Afrique du Sud a eu droit de participer aux Jeux olympiques. La victoire de Nelson Mandela a ravi cette poupée blonde,




