Pendant que parvenait en France la nouvelle d'un drame à l'Everest
répétition, à un an d'intervalle, d'une autre série de disparitions, Libération du 13 mai , deux alpinistes français atteignaient le Toit du monde par son versant tibétain: Antoine de Chaudens, 27 ans, membre du groupe militaire de haute montagne, a réalisé l'ascension sans oxygène. Stéphane Cagnin, 29 ans, conducteur de travaux à Lyon, était l'organisateur de cette petite expédition de trois personnes. Lui a utilisé sa bouteille d'oxygène à partir de 8 700 mètres d'altitude.
Leur témoignage éclaire d'un jour étrange le drame qui, la veille de leur ascension, a coûté la vie a trois alpinistes kazakhs. Antoine de Chaudens: «Le 7 mai au soir, alors que nous nous apprêtions à partir pour le sommet dans la nuit, j'ai aperçu des alpinistes sous le sommet. Je ne savais pas si c'étaient des Coréens ou des Kazakhs. Ils étaient encore très haut, à plus de 8 500 mètres d'altitude, et je me suis dit qu'à cette heure, c'était presque suicidaire: depuis le camp de base, nous avions observé que le mauvais temps se levait dans l'après-midi. Le soir, il soufflait un vent de folie. On peut difficilement s'imaginer ça: c'est le jet stream, plus de 200 kilomètres/heure. Les gens s'envolent...» «A cause de cette météo, nous avions tout prévu pour être au sommet le matin et redescendus avant que ça se gâte.»
Stéphane Cagnin: «Nous avons vu un premier cadavre à 8 400 mètres, assis à l'abri d'un rocher, comme s'il s'était endormi




