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Dewulf, le Belge devenu cauchemar des Espagnols Après Portas, il a battu hier Corretja et se hisse en quarts de finale.

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Publié le 02/06/1997 à 4h23

Un Belge en quart de finale de Roland-Garros, on n'avait pas vu cela

depuis 1958. Cette année-là, Jacky Brichant ne tombait qu'en demi-finale. Filip Dewulf, l'auteur de l'exploit d'hier, n'en revient pas lui-même: «Qui aurait pu croire ça? Je suis venu ici pour jouer les qualifs. Je me retrouve en quarts. Je n'y croirai que demain en lisant les journaux», confiait le Flamand à l'issue de sa victoire sur le roi de la terre battue Corretja. A 25 ans, classé 122e mondial, Dewulf sort, à la stupeur générale, le n°7, qui ne pouvait maudire qu'un vent lui ayant volé son jeu. La terre battue n'est même pas la surface favorite de ce joueur du Limbourg, aux confins du Brabant, qui préfère le dur. Déconcentré. Les observateurs avaient bien sûr déjà noté la force de son coup droit et surtout la précision de son service. Mais ce qui frappe tout autant, c'est la psychologie facétieuse de ce joueur introverti, traité méchamment d'intellectuel en dépit d'un solide gabarit: 1,88 m pour 80 kg. C'est son talon d'Achille. Car Dewulf ne supporte pas de rater un point facile. Perfectionniste, il se laisse déconcentrer par une simple faute, au point de passer le reste du match à douter et à ressasser l'erreur. Il collectionne ainsi les entrées en fanfare sur les courts et les finishs en capilotade. Ce fut le cas quasiment pendant toute l'année dernière. Le Belge allait d'échec en échec. Au grand désespoir de son coach, Gabriel Gonzales. L'Argentin, ancien joueur, qui l'entraîne depuis trois ans

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