La Grande-Motte, envoyé spécial
Il arrive de ce pas traînant et de cette allure de faux lent à la nonchalance que l'on croit instinctive. Patrick Vieira est de ces joueurs auxquels tout arrive si vite. Pas encore 24 ans, et un parcours déjà jalonné par ces limites de l'exil doré et des éloges .
Comme un enfant grandi trop tôt. En taille: 1,91 m depuis l'adolescence. En image: présenté, à 20 ans à peine, comme le prodige de cette fin de siècle. En trajectoire: de Cannes à Milan, de Milan à Arsenal. Ainsi, à 22 ans, il quitte le cocon cannois qui l'a si longtemps protégé et se retrouve au Milan AC, tribu de stars surpayées et d'ego mal dimensionnés. Là-bas, malgré des émoluments de jeune prince, il grippe son ascension à l'ombre portée des titulaires inamovibles et des effectifs surabondants, apprend «la galère du football» qu'en jeune étoile il ne sentait pas venir. Il feutre ses phrases avec la douceur des mots chiffonnés au Fabulon de l'humilité. «Cela m'a appris à me connaître, à devenir beaucoup plus serein devant l'adversité, à avoir plus confiance en moi, à ne pas baisser les bras, à m'entraîner plus que les autres.» «On le croit emprunté, juge Aimé Jacquet, c'est évidemment faux, il est bourré de qualités, dispose d'une technique de très haut niveau et d'une présence athlétique naturelle.»
Mardi soir à Lyon, en ouverture brésilienne, il s'est une nouvelle fois retrouvé en ligne sans s'y attendre vraiment. La blessure de Christian Karembeu contraint le sélectionneur fran




