Macao envoyé spécial
Midi passé. La climatisation du Grand Hôtel gomme une moiteur à transformer les chemises en serpillières. Il est là, décontracté, invité par le Jockey club de Macao à disputer des courses de fin d'année. Eric Saint-Martin, fils de son père, vient d'achever sa première saison complète à Hong-kong. Ce n'est pas le premier Français: Patrick Biancone y est entraîneur et Eric Legrix court à ses côtés depuis quelques saisons. Ce ne sera sans doute pas le dernier: l'île et ses largesses attirent les jockeys français ou étrangers comme la palangrotte fait bicher les sardines, bien qu'il ne soit pas facile de s'intégrer, puis de s'imposer sur le gazon du territoire.
Garçon de coups de coeur, de rébellions franches et de dérives aventureuses, Saint-Martin est arrivé en 1993, après avoir remporté l'Arc de triomphe à Longchamp. «En revenant vers les tribunes, j'ai eu envie de faire un bras d'honneur au public, j'en avais tellement pris plein la gueule, pas une course où je n'avais entendu "Tu vaudras jamais ton père.» Un propriétaire chinois lui propose de venir à Hong-kong. Pas d'hésitation: «Pour un jockey, c'est comme pour un footballeur qui signe au Milan AC, il n'y a pas mieux.»
Un système simple, deux réunions par semaine, une à Happy Valley sur l'île, le mercredi, l'autre en fin de semaine à Sha Tin, l'hippodrome ultramoderne tout juste construit sur les Nouveaux Territoires, où sont logés les mille chevaux autorisés à disputer les courses. Trente entraîneurs, t




