L'Alpe-d'Huez envoyée spéciale
Les Hollandais sont les hirondelles de l'Alpe-d'Huez. Des hirondelles qui se rassemblent depuis 1976 et sans Tour férir, dans les virages numérotés qui grimpent à la station, aux alentours de la mi-juillet. On les entend crier les noms des grimpeurs, faire la fête la veille de l'étape dans la montée où ils plantent leur tente, à coups de fanfares improvisées et de beuverie généralisée. Point culminant des Pays-Bas ou montagne des Hollandais: la réputation de la montée de l'Oisans n'est plus à faire. En guise d'explication à ce phénomène, on invoque la magie, voire la main de Dieu, en la personne de son bras séculier, le père Jaap Reuten, qui officia à l'Alpe de 1964 à 1992. Si le Tour fit sa première montée en 1952, c'est en 1976 qu'il prit réellement ses quartiers d'Huizats, avec la victoire d'étape de Zoetemelk. Quand le Hollandais monte sur le podium, les cloches sonnent: on croit reconnaître la fibre patriotique du père Reuten. Plus de vingt ans après, son remplaçant belge, le père Joost De Waele, tient à préciser que lui aussi «s'inspire de cette légende» mais le fait pour tout vainqueur, hollandais ou pas. La figure du père Reuten plane encore sur la station. On dit ici que pour trouver le financement de son église, Notre-Dame-des-Neiges, une construction moderne qui date de 1968, le prêtre hollandais organisa des concours de boxe dans la nef, des débats politiques et même des séances de cinéma, avant que soit ouverte une vraie salle en 1




