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Détours en France. Chaque jour, tranches de vie de ville-étape. Aujourd'hui: Morzine. Le village et le champignon. En bas, on cultive le tourisme de terroir; en haut, on a parié sur le boom du ski.

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Publié le 21/07/1997 à 5h47

Morzine envoyée spéciale

«C'était après la guerre. Le matin, on allait traire les vaches. On n'avait pas de douche. L'après-midi, dans la télécabine, les odeurs devaient déranger nos riches clientes, qui dansaient le soir en décolleté au grand palace. Mais personne ne m'a jamais rien dit.» L'histoire d'Antoine Mechoud, 75 ans, diplômé numéro 239 de l'Ecole de ski français ­ soit il y a cinquante ans ­, est typique de l'évolution de Morzine. Ce village, lové au creux d'une vallée entre lac Léman et Suisse, doit sa prospérité au tourisme. Mais voudrait rester savoyard. Bois et ardoise. De chaque côté de la Dranse, le torrent qui coule jusqu'au lac d'Evian, un chalet chasse l'autre. Pas de ces petits chalets qu'on trouve dans les alpages, mais d'immenses bâtiments, hôtels ou résidences de tourisme, qui, sur six ou sept étages, respectent les règles de construction locales. Les fleurs dégoulinent des palins, ces balcons ajourés tournés vers le soleil, qui servaient à faire sécher et fumer les raisins, les fèves et la viande. Le bois de sapin tapisse les murs, les toits, à deux pentes de taille égale, sont couverts d'ardoise de Morzine, qui prend en vieillissant une jolie teinte chamois. Et, au-dessus de l'entrée, des cadrans solaires signent l'ancienneté des lieux. Mais ce cachet local est le fruit d'une évolution récente: au début du siècle, Morzine ne comptait aucun hôtel de tourisme, tout juste une auberge pour ces «voyageurs qui passaient les cols par la diligence de Thonon

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