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«Ça y est, il nous a tout donné». A Buenos Aires, on plaint l'enfant prodige, prodigue et terrible.

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Publié le 01/09/1997 à 9h50

Buenos Aires correspondance

«Encore"» Un seul mot a résumé dans les journaux, radios et chaînes de télévision argentins, le choc à l'annonce du contrôle positif de Diego Maradona. Diego, cet immature génial et imprévisible que les Argentins, faute de mieux, s'efforcent de vouloir comprendre et non pas juger. Diego, ce môme qui a fini par devenir un fils, un enfant prodige, un enfant prodigue puis un enfant terrible. Et tout ce qui lui arrive les affecte dans leur propre chair, les remplissant de fierté ou de honte. Tous se sentent concernés, du président de la République («complètement affligé») au simple citoyen («un cafard total»). Les avis oscillent entre compréhension et désespoir.

Dans lUne vie de footes rues, chacun a un mot pour Diego: «On a de la peine pour lui», «C'est un type perdu, il faut l'aider», «On lui demandait toujours plus, et il n'a pas pu ou pas su le supporter. Quand il a épuisé ses forces, il a cherché ailleurs». Le docteur Harutyan Van, le psychiatre qui l'a suivi il y a un an en Suisse dans sa tentative de désintoxication, confirmait le sentiment général: «Maradona a une obsession pour la consommation de drogue qui se manifeste de façon irrépressible chaque fois qu'il se sent faible. Ce n'est pas un cas typique de dépendance, comme beaucoup le croient, et encore moins de dépendance physique. Le vrai problème, c'est son équilibre psychologique. Maradona est un être fragile.» Tout le week-end, devant son duplex du quartier Devoto, des groupes de jeun

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